Etre calme face à la tourmente

Suite à l’attentat meurtrier du 7 janvier dernier en France, l’émotion est très vive sur place et un peu partout dans le monde. Les réseaux sociaux et les médias propagent de l’émotion pure. Je vois à l’œuvre dans les témoignages, les étapes même vécues lors d’un deuil, qui s’entremêlent et se mélangent : Choc, colère, peine, révolte sont des réactions normales et souvent extrêmes qui viennent avant que l’équilibre retrouve sa place. Française et Canadienne, je vis depuis bientôt dix ans à Québec, l’attentat m’a choquée, a touché mes valeurs : la liberté d’expression notamment même si je n’étais pas toujours d’accord avec l’humour très gras du journal Charlie Hebdo, le respect de la personne humaine : éviter l’amalgame entre ethnie, religion, appartenance à un pays ou à une culture… être arabe ce n’est pas être musulman et inversement.

Comment faire face, quand l’information est partout, risque de me submerger car des souvenirs d’enfance liés à certains dessinateurs viennent à ma mémoire ?

Faire face, tout simplement. Laisser les émotions monter en soi, la peine, les souvenirs. Adopter une attitude de pleine conscience car je vis tout cela, le réprimer serait comme mettre un couvercle sur une casserole d’eau bouillante. Limiter l’accès à l’information, transmise par des personnes aussi sous le coup de l’émotion, pour se laisser le temps de vivre ce qui se passe. En conscience. Être présente à ce que je vis pour que ce que je lis ou entends respecte mes limites aussi.

Retrouver le calme fut difficile la première journée. Méditer, avec des moments de présence en pensée avec les victimes et envoyer de la compassion aux familles, c’est une façon d’agir dans la limite de ce que je pouvais faire.

Sogyal Rinpoche, moine bouddhiste tibétain et auteur du livre tibétain de la vie et de la mort, propose ici un enseignement sur la compassion. Il va encore plus loin et propose d’envoyer de la compassion à tous, victimes comme meurtriers, car dit-il, c’est la souffrance et la douleur qui est la cause des violences. Quand je ne sais pas tenir un crayon pour parler ou dessiner, quand je ne sais pas me dire, ou dire ce qui me dérange ou me fait souffrir, je peux aller jusqu’à détruire.. Pour l’éviter, choisir la nature de l’Esprit revient à éviter « d’acheter » ce qu’il nous vend sous l’emprise du jugement, de la peur ou d’émotions diverses.

Vidéo en anglais doublée français.

3 commentaires sur « Etre calme face à la tourmente »

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