Douceur de vivre

Parfois je cours. Je cours après les choses à faire. Les rattrape. M’embourbe dedans. Tombe. Repars. Raccourcis mes nuits pour emplir les jours. D’encore plus de choses à faire. Que je fais.

Et je m’arrête.

Stop.

Parce que le sommeil me rattrape et là c’est l’ancienne manière, la plus facile, l’ornière de l’habitude qui fait que le temps file jusqu’à ce que le corps réclame si fort que je dois l’écouter.

En fait, c’est la plus difficile. Cette facilité apparente a des impacts sévères. Insomnie. Dérèglement des rythmes. Temps de repos obligés, diminution des activités intéressantes et inspirantes. Ce qui rend le temps encore plus court et précieux et aussi vidé de sa substance. Le fameux métro-boulot-dodo qui peut abrutir et sortir de la vie elle-même.

Je perds de vue le plus important : la douceur de vivre.

Ce soir je suis rentrée, marche paisible le long de la route, vers l’ouest. Je cligne des yeux, j’ai oublié mes lunettes de soleil. Ma veste gris foncé chauffe vite, elle colle un peu à la peau. Conscience. Mes pieds avancent sur le trottoir, sur le bord du gazon qui me chatouille les orteils. Je suis en sandales. Supplément de sensations. Le sac pèse un peu sur mon dos, les courroies bien ajustées aux épaules. Je me sens légère, je suis en congés ce soir. J’ai salué le pin au coin de la rue avant de partir. Il sentait si bon la résine chauffée par le soleil que j’ai eu l’envie de le remercier d’être là pour participer à la fête des sens que procure l’été.

Fraîcheur d’un intérieur. Eau sur la langue. Accueil doux et miaulements affamés de ma minette.. douceur du poil qui se frotte contre mes doigts.

Stop.

Rose blanche ourlée de rose intense sur la table. Carte aux mots exquis… douceur qui coule à l’intérieur. Sérénité et harmonie.

Le soleil illumine le bleu du ciel par la fenêtre. L’arbre bouge au rythme d’un vent léger. Saba réclame. Non, je ne t’ai pas oubliée, miss à moustaches.

J’ai juste oublié le temps. Il s’est figé. Dans la beauté et la douceur du moment. Je le respire comme un parfum. Lentement, à petits coups, puis plus goulûment.

Stop.

A vous. Figez le temps. Arrêtez-vous.

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