Jour de lumière

Le calme a fait son chemin. Il s’est simplement glissé en moi ce matin, pendant la marche matinale. Cette marche nouvelle m’ouvre des portes depuis quelque temps, comme si l’activité de mon corps favorisait un autre fonctionnement de mon esprit. Je confie les soucis les plus lourds, les émotions difficiles, à la Terre qui me porte sur le chemin.

J’ai beaucoup voyagé ces dernières semaines. Pas très loin. Quelques kilomètres. Le plus grand voyage était intérieur. Le cycle de vie – ralentissement – hiver – fin me travaille particulièrement à l’automne. Dégager ce qui ne sert plus et engranger les expériences de l’année, c’est un voyage. À l’intérieur de soi. J’ai parcouru mon passé, celui de mes ancêtres, révélé des liens cachés et inconnus, des croyances, des histoires, des valeurs et la colère d’être parfois moins que ce que je voudrais être, profondément. Une exigence. Tempérée par la sagesse qui vient des histoires.

« We’re all stories in the end, just make it a good one » – The Eleventh Doctor (Dr Who)

À la fin nous ne devenons rien d’autre que des histoires, essayons d’en écrire une qui soit bonne.

Raconter des histoires, c’est ce que fait la fiction. Le Docteur mentionne ici un point important à mes yeux : tout ce qui reste de nous à la fin, après notre mort, c’est l’histoire que les autres retiendront de nous. Cette histoire nous l’écrivons, alors autant en faire quelque chose de beau, de bon.

Si je vais plus loin, je vois que ce que je sais à propos de moi-même tient en partie aux histoires que les autres ont raconté sur moi depuis mon enfance. Les projections parentales, les croyances et valeurs familiales, les possibilités et interdits de la société dans laquelle j’ai vécu et grandi. Ces éléments ont cependant un poids seulement et aussi longtemps que j’y crois, que je les accepte comme miens. Quand une croyance ne me va plus, me gêne comme un vieux vêtement devenu trop étriqué ou trop grand pour moi, qu’est-ce-que j’en fais ? Les questions qui se résolvent assez rapidement quand il s’agit d’un vêtement, sont parfois plus difficiles quand il s’agit de ses croyances et habitudes. Même les plus néfastes.

Ah… ce vieux vêtement démodé qui a un trou, il devrait être jeté, pas vraiment réparable mais c’est sentimental, je le garde quand même, car ma grand-mère préférée me l’avait tricoté dans le temps et je pense à elle à chaque fois que je le porte… même si je ne le mets qu’à l’intérieur, chez moi.

Quelqu’un sonne.

Je peux avoir un peu honte, penser au trou, me raconter l’histoire que je ne suis pas présentable, entrebâiller la porte, trouver une excuse pour aller me changer ou encore m’excuser tout court et faire patienter la personne dehors.

Ou bien je peux m’approprier mon choix de porter ce vieux pull, parce qu’aujourd’hui j’avais besoin de penser à ma grand-mère, de me laisser envelopper dans un souvenir d’enfance, de la revoir tricoter assise face à la télé, sur son canapé. Parce que ce pull c’est une attention, un cadeau unique (je pouvais choisir mes couleurs, changer ce qui ne me plaît pas dans le dessin), de la douceur qui me réchauffe le cœur. Cette histoire là me soutient et j’ouvrirai la porte sans crainte du regard de l’autre.

Pour voyager sur le chemin de la vie, j’ai besoin de repères. Les histoires et croyances sont ces balises précieuses tant qu’elles ne se transforment pas en bornes qui empêcheraient de sortir de temps en temps du chemin bien tracé pour aller goûter la douceur de l’herbe du pré mitoyen.

Quels sont vos repères et vos balises ?

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