Commémorer

Le 2 novembre, c’est le jour des morts. Après la fête de tous les saints, c’est le moment de se souvenir des êtres chers qui ont disparu de notre vie.

Ce soir, je m’étais promis un moment de recueillement, de méditation, pour penser aux proches, famille, amis, qui ne sont plus là et qui ont compté pour moi. Une bougie, un peu d’encens, le jeu des ombres dans ma pièce préférée. Une belle musique..

Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Depuis deux heures, je cuisine.

J’aime créer des recettes, m’inspirer, utiliser des ingrédients connus ou moins connus.  Ce soir, j’ai pris le temps.

Une soupe de cresson, plante plutôt rare au Québec. Les feuilles vertes et rondes me rappellent le ruisseau en contrebas du chemin  qui menait vers la maison de mon grand père Henri, dans la campagne bordelaise, où il suffisait de se baisser pour le ramasser. Le court-bouillon d’os de boeuf qui a mijoté plusieurs heures hier était la base parfaite pour la recette improvisée. Thym, laurier, poivre en grains, oignon et un peu de sel… le mélange d’herbes typique que ma mère préparait pour le pot au feu familial. Voilà pour la branche lyonnaise de la famille.

Un peu de lait d’amande maison me fournit une poudre que j’utilise dans un gâteau : oeufs, sucre.. battus ensemble, avec un soupçon de vanille et de fleur d’oranger. Voilà une approximation du macaron (de la région Rhône-Alpes, plus solide et bien différent du parisien si répandu partout) que je teste précisément ce soir. L’odeur du sucre chaud emplit la cuisine et offre son doux réconfort alors que la nuit règne dehors.

Une courge me fait de l’oeil sur le comptoir. Pas ce soir, mais bientôt.. une occasion de reprendre la belle recette de soupe de Mononcle Joël, ami cher et excellent cuisinier.

Je me pose. Et je réalise, que j’ai effectivement médité en pensant aux gens que j’aime et qui ne sont plus là. J’ai revu mes proches aux fourneaux, heureux de cuisiner pour les autres, lors d’occasions festives. Même ma grand mère maternelle, qui n’aimait pas vraiment faire la cuisine, concoctait d’excellents plats à ses petits-enfants gourmands.

J’ai repris les gestes de mes grands parents, parents, amis..

Ils sont toujours là. La preuve en est, mon coeur déborde, mélangé entre reconnaissance pour ces moments passés ensemble et nostalgie d’un temps à jamais révolu.

L’amour partagé reste profond, enraciné.

Les gâteaux sont prêts, il est temps de goûter…

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