Une conversation récente m’a fait prendre conscience de l’importance de la fiction dans mon développement personnel. Aussi étrange que cela puisse paraître, en l’absence d’un cadre spirituel, j’ai fini par développer mes propres références symboliques via, entre autres, la fiction.

Lire les contes et légendes traditionnels (du 19e siècle) ramène à la morale. Les grands mythes ont un rôle différent. Ils donnent de la perspective, du vécu, et présentent des personnages souvent dépassés et qui devront faire preuve de courage, d’astuce, d’abnégation même parfois, pour traverser les épreuves qui leur sont imposées. L’Iliade, l’Odyssée, le mythe de Gilgamesh… enseignent la futilité de l’existence humaine tout autant que la quête d’un avenir meilleur.

Plus proche de nous, le Seigneur des Anneaux, mythe moderne créé par J.R.R. Tolkien pour l’Angleterre, est un modèle de découverte de sa force intérieure.

Aragorn, roi caché d’une dynastie déchue, sage et rompu au métier des armes, doit démontrer sa valeur avant de monter sur le trône. Les temps sont durs, les forces maléfiques sont puissantes et les alliés des forces du bien semblent dépassés. La situation de crise demande des solutions inhabituelles et drastiques. Aragorn décide alors de prendre le chemin des morts.

Aragorn s’affirme peu à peu pendant tout le roman. Ce passage par un lieu caché, obscur, où le Rôdeur anonyme passe l’épreuve du courage tout en affirmant sa prétention au trône. Il demande à des spectres d’honorer un serment d’allégeance prêté à ses ancêtres, ce qui recèle bien des significations, quand bien même nous n’hériterions que de notre propre royaume intérieur.

Le Chemin des Morts, c’est la prise de pouvoir sur sa propre peur. Surnommé Estel, (espoir), Aragorn fait bien davantage qu’affronter des morts et la peur qu’ils suscitent. Il les entraîne avec lui pour semer la terreur chez ses ennemis et renforcer la détermination de ceux qui l’accompagnent.

Il embrasse donc sa peur, ses démons, pour entraîner les hommes. Un être humain complet, qui se connaît assez, pourrait être justement celui qui sait ce qui l’habite, la lumière comme l’ombre, les qualités comme les défauts. Dès lors que son empire sur lui-même lui permet tout pouvoir sur sa propre vie, il peut entraîner les autres. La conviction de pouvoir remporter la victoire devient contagieuse.

Gouverner commence par soi. Inspirant par les temps qui courent.

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