La tempête était annoncée. Le vent avait déjà commencé à souffler en rafales depuis la veille. Le sommeil avait été entrecoupé de rêves étranges, dominés par un mentor inattendu, vaguement condescendant, peu à peu devenu plus chaleureux au fil de la conversation imaginaire.

J’ouvre les yeux. L’empreinte de son demi sourire est encore présente, souvenir fugace d’une fantaisie nocturne. Nous parlions musique. Pour constater que nous avions les mêmes goûts et la même passion viscérale des concerts qui touchent l’âme et le cœur. De cette musique ascensionnelle aux notes verticales, porteuse de grâce et de contact intime avec le grand Mystère qui réside à l’intérieur de soi. Que j’aie eu alors à peine une dizaine d’années, peut être moins, et lui la quarantaine, dans son apparat baroque du Shérif de Nottingham – car il s’agissait d’Alan Rickman lui-même.. quelle importance ? Que tout cela ait eu lieu dans une salle de classe en compagnie de camarades de mon âge vaguement intéressés au début puis de moins en moins passionnés par la tournure de la conversation, quelle importance ?

Nous avons alors parlé spiritualité. Et là cela devient flou. Je m’éveille, ravie et un peu frustrée tout à la fois de ne pas avoir eu le fin mot de cette histoire, même si nos vues se rejoignent là aussi.

J’ouvre alors Embers de Richard Wagamese. P.127 : « I copy what the great ones [spiritual masters] do or have done. I practice. Every day. I work hard at being selfless, honest, kind, generous, patient, or compassionate. It`s what makes me a good, strong human being. »

« Je copie ce que les grands [maîtres spirituels] font ou ont fait. Je pratique. Chaque jour. Je travaille dur pour être altruiste, honnête, gentil, généreux, patient, rempli de compassion. C’est ce qui fait de moi un être humain fort et généreux. »

Richard Wagamese compare cette pratique à celle qui l’a amené à devenir écrivain. Pour développer son art, il a copié de grands auteurs, ce qui lui a permis de comprendre l’écriture de l’intérieur et de devenir écrivain. De la même manière, les peintres copient les œuvres des grands maîtres pour se former avant de trouver leur propre technique, leur expression personnelle.

Dans les traditions orientales, un élève s’attache à un maître et suit ses enseignements sans discuter. La pratique est essentielle. Elle est simple, centrée, s’applique dans tous les aspects de la vie.

Aujourd’hui les maîtres sont nombreux mais pas toujours fiables. Plutôt que de chercher un gourou, je mise donc sur les gens que j’admire et qui m’inspirent par leurs actions, leurs valeurs.. je trouverai alors avec certitude que ce qui me touche chez eux soutien une valeur qui vit chez moi. Que cette valeur redécouverte demande alors à être nourrie par une pratique. Dans ce cas très concret, c’est simplement poser des gestes qui vont dans le sens de cette valeur. Pour soi, puis envers les autres. Car si je ne l’applique pas à moi-même, comment pourrai-je prétendre l’appliquer ailleurs ?

J’ai déjà trouvé 5 valeurs importantes il y a trois ans.. Reste à voir si elles sont toujours vraies aujourd’hui et surtout applicables.

Je vous invite à trouver au moins trois valeurs que vous pourriez appliquer au quotidien. Les définir avec vos mots. Trouver une piste d’application pour vous et une pour votre entourage.

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