Le chemin parfois se transformait en désert. Le paysage s’asséchait, la route semblait se mêler au paysage, les couleurs devenaient floues et les bruits incertains. Elle se frotta les yeux. Il était temps de s’arrêter pour la nuit.

Elle posa son sac de randonnée et monta la tente. Elle avait allumé un petit feu pour chauffer l’eau d’un thé léger alors que les ténèbres s’installaient peu à peu. Elle se sentait légère, de plus en plus délestée des fardeaux du passé. C’est ce qui lui avait semblé, jusqu’à ce qu’elle s’installe pour dormir.

Au plus fort de la nuit, les ombres se sont levées. Elles étaient partout, vaporeuses et languides, gluantes et poisseuses, sifflantes et grinçantes. Rien à voir avec la silhouette claire et silencieuse qui l’avait accompagnée sur la route gorgée de soleil.

Les ombres grimaçaient, portaient des costumes ridicules, des masques terrifiants.. elles chuchotaient à ses oreilles sans discontinuer :

Regarde-nous !
Nous sommes des parties de toi !
Toujours nous serons là à te hanter !
Tant que tu ne nous reconnaîtras pas !

Elle s’éveilla en sursaut, s’assit, porta machinalement la main à son cou où pendait une étoile d’argent. L’étoile délicate brillait doucement entre ses doigts. La nature alentours semblait suspendue, attentive. Pas un bruit.

Elle ferma les yeux et murmura :
Étoile, je vogue à travers les espaces sans nom, matière et lumière, point infime dans la toile du ciel. Lumière du dehors, illumine ma conscience infinie. Merci.

Elle sortit de la tente et vit la Voie Lactée se découper sur le ciel de minuit.

Elle ouvrit les doigts et son étoile sembla briller de mille feux, alors que debout, les bras ouverts pour offrir, recevoir et célébrer la Lumière, elle chanta :

Ombres mes ombres, venez, venez.
Avec moi, célébrez, célébrez
Oui mes sœurs vous m’avez mise en garde
Aujourd’hui je vous reconnais et vous remercie
D’avoir toutes ces années préservé ma vie
Vos noms je grave sur le sable
Peurs et frayeurs, utiles à l’enfant
Pour l’adulte dorénavant
Inutiles
Aujourd’hui qu’à l’aube vous soyez
S
implement rendues au désert
Desséchées
Par la lumière d’une belle nuit d’été
Et qu’en votre place mûrisse
La douceur de l’impermanence
La lumière de la conscience
Le choix d’avancer guidée, sur le chemin de beauté

Ce jour là, elle comprit que le pèlerinage se poursuivrait où que sa route la mène dans ce monde. Ce pèlerinage intérieur, guidée par sa propre lumière, reflet de son étoile, ce point d’argent dans la nuit.

(crédits photo : Sam Windsor on Unsplash)

 

 

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