crédit image : davidata at German Wikipedia [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)%5D

Alors que cette semaine j’apprends le décès de Johnny Clegg, musicien et icône à la fois culturelle et politique d’Afrique du Sud, je m’interroge sur son héritage humaniste et l’impact de la musique sur la politique.

Nous sommes en 1986, je découvre la réalité politique de l’Apartheid en écoutant Asimbonanga, chanson qui dénonce les morts et l’emprisonnement de contestataires anti-Apartheid. Cette politique raciale séparait les espaces entre les Blancs et les Noirs mais aussi chaque ethnie des autres, dans tous les domaines de la vie publique. Johnny Clegg, découvert et publicisé en France par le chanteur français Renaud, qui lui dédie une chanson – Jonathan – devient rapidement une grande vedette et fait connaître la réalité sud-africaine aux français. Asimbonanga passe sur toutes les radios et à la tv. Avec Savuka, il va devenir une star internationale et son discours prendra une dimension qu’il n’attendait pas.

Ce qui m’avait marquée à l’époque c’est à la fois le texte et la présence calme de Johnny en entrevue. Sa façon de danser sur scène, très exotique pour quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds en Afrique. Sa musique restait joyeuse, en dépit des violences et des atrocités qu’il vivait dans son pays. Ce souffle d’optimisme, la vision parfois humoristique de l’amour, les chansons plus engagées, tout cela se cotoie dans ses albums. Un jeune garçon voulait juste apprendre la musique zouloue, dans un contexte où il était blanc et son prof noir et que c’était rendu impossible par un système politique qui refusait que les gens de couleur différente se mélangent. Il a défendu la culture africaine par la musique et je trouve absolument inspirant de voir tout l’impact qu’il a pu avoir dans son pays et à l’étranger, rien qu’en jouant de la musique. L’existence même de son groupe démontrait que la ségrégation n’avait pas de sens. Blancs ou Noirs, ils étaient tous Africains.

Le monde est simplement cruel, fou et beau tout à la fois..

C’est le message qui restera, celui de Scatterlings of Africa : « ancient bones from Olduvai/echoes of the very first cry/ »who made me, here and why? /Beneath the copper sun »
(Vieux ossements d’Olduvai/échos du premier cri/qui m’a créé ici et pourquoi?/sous le ciel de cuivre)

Tous humains, réunis dans la quête de sens, pour savoir et comprendre pourquoi nous sommes ici sur cette Terre..

Merci Johnny.. safe trip to the stars

Un commentaire sur « Être humain »

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